Nature méprisable



Derniers soupirs désespérés d’un jour qui meurt
Laissant la nuit étendre la nuit étendre son voile insidieux.
Spectacle de mort et spectacle de terreur…
Le spectre noir projette ses longs bras hideux.

Le temps gémit, écrasé par le poids des ténèbres,
De leurs cohortes de créatures avides.
A la griffe acérée, la robe funèbre,
Qui ne visent que ce petit corps rigide.

Nature, si cruelle et irrévocable,
Quelle bien piètre justice rends-tu donc là !
Laisser vivre autant d’âmes peu charitables
Et sur cet être innocent te ruer sans émoi !

Tu ne mesures pas la profondeur des liens
Qui nous unissaient, ce petit homme et moi.
Et tu n’imagines pas non plus à quel point
Je vous méprise, toi et tes absurdes choix !